Tests d’intrusion : combien ça coûte et comment choisir son prestataire ?

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Les cyberattaques se multiplient et gagnent en sophistication. En 2026, aucune entreprise n’est à l’abri, quelle que soit sa taille. Face à cette menace grandissante, les tests d’intrusion sont devenus un élément incontournable de toute stratégie de cybersécurité robuste.

Pourtant, nombreux sont les dirigeants et responsables IT qui hésitent encore à franchir le pas. Les questions reviennent systématiquement : combien cela va-t-il coûter ? Comment être certain de choisir le bon prestataire ? Quels sont les critères qui comptent vraiment ?

Cet article s’adresse aux PME, ETI et grandes entreprises qui souhaitent investir intelligemment dans leur sécurité informatique. Notre objectif est simple : vous donner toutes les clés pour comprendre ce que vous payez, évaluer les offres du marché et faire le choix le plus pertinent pour votre organisation.

1. Comprendre ce que vous payez vraiment

Avant de parler chiffres, il est essentiel de comprendre ce qui compose réellement une prestation de test d’intrusion. Tous les pentests ne se ressemblent pas, et les écarts de prix s’expliquent souvent par des différences fondamentales dans la nature et l’étendue des services proposés.

Les différents types de tests d’intrusion

Le premier facteur de variation concerne le type de test que vous allez commander. Un test d’intrusion externe vise à évaluer la sécurité de votre infrastructure depuis Internet, comme le ferait un attaquant distant. Il se concentre sur vos serveurs web, vos services exposés et votre périmètre réseau accessible publiquement.

À l’inverse, un test interne simule la menace d’un collaborateur malveillant ou d’un attaquant ayant déjà pénétré votre réseau. Il évalue la segmentation de votre réseau, les droits d’accès et la capacité à se déplacer latéralement dans votre système d’information.

Les tests applicatifs se focalisent spécifiquement sur vos applications web ou mobiles, en recherchant des vulnérabilités comme les injections SQL, les failles XSS ou les problèmes d’authentification. Ces tests suivent généralement les méthodologies OWASP et nécessitent une expertise développeur pointue.

Enfin, les campagnes de phishing ou d’ingénierie sociale testent le facteur humain, souvent considéré comme le maillon faible de la sécurité. Ces prestations évaluent la sensibilité de vos collaborateurs face aux tentatives de manipulation.

Le périmètre détermine le prix

Au-delà du type de test, c’est le périmètre qui influence massivement le coût final. Pour un test d’infrastructure, le nombre d’adresses IP à analyser, le nombre de sous-réseaux, la complexité de votre architecture et le nombre de technologies différentes à évaluer sont autant de facteurs multiplicateurs.

Pour un test applicatif, on compte généralement en nombre de fonctionnalités, de pages ou d’API endpoints. Une simple application de vitrine avec quelques formulaires ne demandera pas le même investissement qu’une plateforme e-commerce complexe avec espace client, paiement en ligne et API tierces.

Le temps consacré au test se mesure en jours-homme. Un test basique peut se réaliser en deux à trois jours, tandis qu’une mission Red Team complète pour une grande entreprise peut mobiliser une équipe pendant plusieurs semaines.

Ce qui est inclus dans la prestation

Une prestation de test d’intrusion standard comprend plusieurs phases. La phase de cadrage permet de définir précisément le périmètre, les objectifs et les contraintes. C’est un moment crucial qui conditionne la réussite de la mission.

Vient ensuite la reconnaissance, où le pentester collecte des informations sur votre organisation et votre infrastructure. Cette phase peut être passive, sans interaction directe avec vos systèmes, ou active avec des scans et des requêtes.

La phase d’exploitation constitue le cœur du test. C’est là que le consultant tente de compromettre vos systèmes en exploitant les vulnérabilités identifiées. Certaines prestations incluent également une phase de post-exploitation, où l’on évalue ce qu’un attaquant pourrait faire une fois à l’intérieur, notamment en termes d’élévation de privilèges et de mouvement latéral.

Enfin, le rapport de test d’intrusion documente l’ensemble des découvertes. Un bon rapport présente non seulement les vulnérabilités techniques trouvées, mais aussi leur criticité, leur impact potentiel sur votre activité et surtout des recommandations concrètes pour y remédier. Les prestations premium incluent généralement une présentation orale des résultats à vos équipes.

Certains prestataires proposent également un retest gratuit ou à tarif réduit, permettant de vérifier que les correctifs appliqués ont bien résolu les problèmes identifiés. C’est un service qui peut sembler accessoire mais qui apporte une réelle valeur ajoutée.

2. Les fourchettes de prix selon vos besoins

Maintenant que nous avons posé les bases, entrons dans le concret des tarifs pratiqués sur le marché français. Ces fourchettes sont données à titre indicatif et peuvent varier selon les prestataires, mais elles vous donneront une bonne idée de ce qui vous attend.

Test basique pour PME : 3 000 – 8 000 €

Pour une petite ou moyenne entreprise avec une infrastructure simple, comptez entre 3 000 et 8 000 euros. À ce tarif, vous pouvez espérer un test d’intrusion externe sur un périmètre limité, par exemple une dizaine d’adresses IP ou une application web de complexité moyenne.

Cette gamme de prix correspond généralement à trois à cinq jours de travail effectif, incluant le rapport final. C’est une bonne porte d’entrée pour une première expérience de test d’intrusion, permettant d’identifier les vulnérabilités les plus évidentes et de corriger les erreurs de configuration courantes.

Attention toutefois à bien vérifier ce qui est inclus à ce tarif. Certains prestataires low-cost se contentent de lancer des outils automatisés sans véritable analyse manuelle, ce qui limite considérablement la valeur du test.

Test intermédiaire pour infrastructure complète : 8 000 – 20 000 €

Dans cette fourchette, vous accédez à des tests plus complets. Cela peut inclure un test externe ET interne, ou un test applicatif approfondi sur une plateforme de taille moyenne avec plusieurs modules et fonctionnalités.

Le nombre de jours-homme augmente, généralement entre cinq et dix jours, permettant une analyse plus minutieuse et une exploitation plus poussée des vulnérabilités découvertes. Le rapport sera également plus détaillé, avec souvent une présentation dédiée à votre équipe de direction ou à votre RSSI.

C’est le budget typique d’une ETI souhaitant un test sérieux et complet de son système d’information principal. À ce niveau, vous devez exiger une réelle expertise et une méthodologie structurée.

Test approfondi pour grande entreprise : 20 000 – 100 000 € et plus

Les grandes entreprises, les institutions financières ou les organisations traitant des données sensibles investissent généralement bien au-delà. Une mission Red Team complète, simulant une attaque sophistiquée sur plusieurs semaines, peut facilement dépasser les 50 000 euros.

Ces prestations haut de gamme incluent souvent plusieurs pentesteurs seniors, des scénarios d’attaque complexes, de l’ingénierie sociale ciblée, et une approche qui va bien au-delà du simple test technique pour évaluer votre capacité globale de détection et de réponse aux incidents.

Certaines grandes entreprises investissent plus de 100 000 euros par an dans des programmes de tests récurrents, incluant des tests trimestriels sur différents périmètres et des simulations d’attaques tout au long de l’année.

Options supplémentaires à budgétiser

Au-delà du test initial, pensez à budgétiser certaines options qui apportent une réelle valeur. Le retest, réalisé après correction des vulnérabilités, coûte généralement entre 30% et 50% du prix du test initial. C’est un investissement judicieux pour s’assurer que les correctifs ont été correctement appliqués.

L’accompagnement à la remédiation est une autre option intéressante. Certains prestataires proposent des journées de consulting pour vous aider à prioriser les corrections, à mettre en place les bonnes pratiques et même à former vos équipes techniques. Comptez entre 800 et 1 500 euros par jour selon le niveau d’expertise requis.

Enfin, les tests récurrents bénéficient souvent de tarifs dégressifs. Un contrat annuel avec plusieurs tests programmés peut vous faire économiser 15% à 25% par rapport à des commandes ponctuelles.

3. Les critères essentiels pour choisir son prestataire

Le prix ne fait pas tout. Choisir le bon prestataire de tests d’intrusion est une décision stratégique qui peut faire la différence entre un audit efficace et une simple formalité administrative. Voici les critères qui comptent vraiment.

Certifications et qualifications techniques

Les certifications professionnelles sont un premier filtre de qualité. La certification OSCP (Offensive Security Certified Professional) est considérée comme une référence dans le milieu. Elle demande de réussir un examen pratique de 24 heures particulièrement exigeant, garantissant que le pentester sait réellement compromettre des systèmes.

Le CEH (Certified Ethical Hacker) est plus répandu mais aussi plus théorique. C’est une base correcte, mais insuffisante seule pour attester d’une expertise opérationnelle. Le GPEN (GIAC Penetration Tester) et le CRTE (Certified Red Team Expert) sont également des certifications sérieuses qui démontrent une compétence avérée.

Au niveau de l’entreprise prestataire, certaines certifications organisationnelles comptent. Le PASSI (Prestataire d’Audit de la Sécurité des Systèmes d’Information) délivré par l’ANSSI est un gage de qualité en France. Les entreprises PASSI sont auditées régulièrement et doivent respecter un référentiel strict.

Méfiez-vous néanmoins des entreprises qui affichent des dizaines de certifications sans pouvoir vous montrer l’expérience concrète de leurs consultants. Demandez toujours à connaître le profil précis des personnes qui interviendront sur votre mission.

Références et expérience sectorielle

L’expérience sectorielle peut faire une vraie différence. Un prestataire habitué à travailler dans votre secteur d’activité comprendra mieux vos enjeux métiers, vos contraintes réglementaires et les attaques spécifiques auxquelles vous êtes exposé.

Demandez des références clients, idéalement dans votre secteur. Les bons prestataires pourront vous mettre en relation avec des clients existants qui témoigneront de la qualité de leur travail. Si un prestataire refuse de fournir la moindre référence, c’est généralement mauvais signe.

L’ancienneté dans le métier compte aussi. Une société créée il y a six mois par deux jeunes diplômés n’offre pas les mêmes garanties qu’une équipe établie depuis dix ans avec des dizaines de missions à son actif. Cela ne veut pas dire qu’il faut systématiquement écarter les nouveaux acteurs, mais soyez vigilant sur leur expérience réelle.

Méthodologie et approche structurée

Un prestataire sérieux doit pouvoir vous expliquer clairement la méthodologie qu’il suit. Les méthodologies reconnues incluent OWASP pour les tests applicatifs, PTES (Penetration Testing Execution Standard) pour une approche généraliste, ou OSSTMM (Open Source Security Testing Methodology Manual) pour une approche plus formelle.

La phase de cadrage est cruciale. Un bon prestataire consacrera du temps à bien comprendre votre contexte, vos objectifs et vos contraintes avant de commencer le test. Il vous proposera un plan de test détaillé et s’assurera que vous comprenez exactement ce qui va être fait.

Demandez aussi comment le prestataire gère les découvertes critiques en cours de mission. Un processus d’escalade doit être prévu pour vous alerter immédiatement en cas de vulnérabilité majeure permettant une compromission totale de vos systèmes.

Qualité du rapport et exploitation des résultats

Le rapport est le livrable principal d’un test d’intrusion. Il doit être à la fois technique et accessible, permettant aux équipes IT de corriger les problèmes tout en étant compréhensible pour la direction.

Un bon rapport structure les vulnérabilités par criticité, explique clairement l’impact potentiel de chaque faille sur votre activité et fournit des recommandations concrètes et applicables. Les captures d’écran et les preuves de concept doivent illustrer les vulnérabilités sans pour autant donner un mode d’emploi utilisable par un attaquant malveillant.

Certains prestataires proposent des formats de rapports adaptés à différents publics : un rapport exécutif pour la direction avec les enjeux business, et un rapport technique détaillé pour les équipes IT. C’est un vrai plus qui facilite la prise de décision et l’allocation des ressources de remédiation.

La présentation orale des résultats est également importante. Elle permet de discuter des découvertes, de prioriser les actions et de répondre aux questions de vos équipes. Assurez-vous que cette présentation est bien incluse dans la prestation.

Clauses contractuelles et garanties

Le contrat doit inclure des clauses solides de confidentialité. Votre prestataire aura accès à des informations sensibles sur votre infrastructure et vos failles de sécurité. Un engagement de confidentialité strict, avec des pénalités en cas de manquement, est indispensable.

Vérifiez que le prestataire dispose d’une assurance responsabilité civile professionnelle et cyber-responsabilité. Même si les pentesteurs sont des professionnels, un test d’intrusion peut occasionnellement causer une interruption de service ou un dysfonctionnement. Vous devez être protégé financièrement contre ce risque.

Le contrat doit également préciser clairement ce qui sera fait des données collectées pendant le test. Normalement, toutes les données doivent être supprimées à l’issue de la mission, et vous devriez obtenir une attestation écrite de cette destruction.

Enfin, attention aux clauses de propriété intellectuelle. Le rapport et les découvertes vous appartiennent. Assurez-vous que le contrat le stipule explicitement et qu’aucune clause n’autorise le prestataire à réutiliser vos données ou à publier des informations sur votre infrastructure.

4. Les questions à poser avant de signer

Un appel d’offres ou une négociation pour un test d’intrusion ne s’improvise pas. Voici les questions essentielles à poser à vos prestataires potentiels pour faire le tri et identifier les vrais professionnels.

« Qui réalisera concrètement le test ? »

C’est LA question fondamentale. Trop souvent, le commercial qui décroche le contrat met en avant les consultants seniors de l’entreprise, mais c’est un junior fraîchement embauché qui réalise effectivement la mission.

Demandez les noms, CV et certifications des personnes qui interviendront sur votre projet. Exigez de rencontrer ou d’échanger avec le consultant principal avant de signer. Si le prestataire refuse ou reste évasif, c’est un signal d’alarme majeur.

Demandez également si le consultant sera dédié à votre projet ou s’il jonglera avec plusieurs missions en parallèle. La qualité du travail s’en ressent directement. Un bon test d’intrusion demande de la concentration et de l’immersion dans votre environnement spécifique.

« Quelle méthodologie suivez-vous exactement ? »

Ne vous contentez pas d’une réponse vague du type « nous suivons les meilleures pratiques du marché ». Demandez quelle méthodologie formelle sera appliquée et comment elle sera adaptée à votre contexte.

Un bon prestataire doit pouvoir vous expliquer les différentes phases de son intervention, les outils qu’il utilisera, la part de tests automatisés versus manuels, et comment il documentera son travail au fur et à mesure.

Posez aussi la question de la veille technologique. La cybersécurité évolue extrêmement vite. Un prestataire de qualité doit avoir des processus formels de veille, de formation continue et de recherche sur les nouvelles techniques d’attaque.

« Le retest est-il inclus dans votre offre ? »

Certains prestataires incluent automatiquement un retest partiel ou complet dans leur tarification. D’autres le facturent en supplément. Il est crucial de clarifier ce point dès le départ pour pouvoir comparer les offres sur une base équitable.

Demandez précisément dans quels délais ce retest peut être effectué après la correction des vulnérabilités. Un délai de trois mois est généralement raisonnable. Au-delà de six mois, un retest complet sera probablement nécessaire car votre infrastructure aura évolué.

Clarifiez également la portée du retest. Couvre-t-il uniquement les vulnérabilités critiques ou l’ensemble des failles identifiées ? Cette nuance peut avoir un impact significatif sur la valeur réelle de l’offre.

« Quel type de rapport recevrai-je ? »

Demandez à voir des exemples anonymisés de rapports produits par le prestataire. C’est la meilleure façon de juger de la qualité de leur travail. Vous pourrez évaluer la clarté des explications, la pertinence des recommandations et la présentation générale.

Interrogez le prestataire sur les différents formats proposés. Proposent-ils un rapport exécutif en plus du rapport technique ? Le rapport sera-t-il disponible uniquement en PDF ou aussi dans un format permettant le suivi de la remédiation ?

Demandez aussi combien de temps après la fin des tests vous recevrez le rapport. Un délai de deux semaines est raisonnable, au-delà cela devient problématique car vous ne pouvez pas commencer les corrections.

« Disposez-vous d’une assurance cyber-responsabilité ? »

Cette question peut sembler technique mais elle est révélatrice du professionnalisme du prestataire. Une assurance cyber-responsabilité couvre les dommages qui pourraient être causés à vos systèmes pendant le test.

Demandez le montant de la couverture. Pour une mission standard, une couverture d’au moins 500 000 euros est souhaitable. Pour des missions plus importantes ou sur des infrastructures critiques, visez plusieurs millions d’euros de couverture.

Exigez une attestation d’assurance à jour avant le début de la mission. Certains prestataires peu scrupuleux prétendent être assurés alors que leur police a expiré ou ne couvre pas réellement les tests d’intrusion.

Questions complémentaires importantes

N’hésitez pas à creuser d’autres aspects. Demandez comment le prestataire gère la communication pendant la mission. Aurez-vous un point de contact dédié ? À quelle fréquence serez-vous informé de l’avancement ?

Interrogez-les sur leur expérience des faux positifs et comment ils les traitent. Un bon pentester sait faire la différence entre une vraie vulnérabilité exploitable et un faux positif généré par un outil automatisé.

Enfin, demandez ce qui se passe si aucune vulnérabilité n’est trouvée. Cela peut arriver, surtout si vous avez déjà un bon niveau de sécurité. Un prestataire sérieux vous remettra quand même un rapport attestant du test réalisé et des éléments vérifiés, plutôt que de chercher absolument à « trouver quelque chose » pour justifier sa prestation.

5. Les pièges à éviter

Même bien informé, il est facile de tomber dans certains pièges lors du choix d’un prestataire de tests d’intrusion. Voici les erreurs les plus fréquentes et comment les éviter.

Se fier uniquement au prix le plus bas

C’est probablement l’erreur la plus courante. Face à trois devis avec des écarts importants, la tentation est forte de choisir le moins cher, surtout quand les trois prestataires prétendent faire la même chose.

La réalité est que dans le domaine de la cybersécurité, la qualité a un coût. Un test d’intrusion vendu 2 000 euros alors que la moyenne du marché est à 6 000 euros cache forcément quelque chose. Soit le périmètre est ridiculement limité, soit le prestataire utilisera uniquement des outils automatisés sans analyse manuelle, soit c’est un consultant junior inexpérimenté qui interviendra.

Un test d’intrusion de mauvaise qualité est pire que pas de test du tout. Il vous donnera une fausse impression de sécurité en passant à côté de vulnérabilités critiques qu’un attaquant réel exploitera sans difficulté.

Cela ne signifie pas qu’il faut choisir systématiquement l’offre la plus chère. Mais soyez particulièrement vigilant avec les offres significativement en dessous du marché. Demandez des explications détaillées sur ce qui justifie ce positionnement tarifaire.

Négliger la phase de cadrage

Certaines entreprises veulent aller vite et zappent la phase de cadrage pour passer directement aux tests. C’est une grave erreur qui conduit presque systématiquement à des déceptions.

Sans cadrage précis, le prestataire ne comprend pas vraiment vos enjeux métiers, vos priorités et vos contraintes opérationnelles. Le risque est double : soit il passe du temps sur des éléments peu importants pour vous, soit il manque des aspects critiques de votre infrastructure.

Un bon cadrage permet aussi de s’assurer que vous et le prestataire avez la même compréhension du périmètre. Les malentendus sur ce qui est inclus ou non dans le test sont une source fréquente de friction et d’insatisfaction.

Prévoyez au minimum une demi-journée de cadrage, idéalement en présentiel. C’est un investissement qui se rentabilise largement par la qualité et la pertinence accrue du test.

Oublier de planifier la remédiation

Certaines entreprises commandent un test d’intrusion, reçoivent le rapport avec la liste des vulnérabilités, puis… ne font rien. Ou presque rien. Les équipes IT sont débordées, il faut prioriser d’autres projets, et les corrections sont repoussées indéfiniment.

C’est du gaspillage pur et simple. Un test d’intrusion n’a de valeur que si les vulnérabilités découvertes sont corrigées. Avant même de lancer le test, vous devriez avoir anticipé comment vous allez gérer la phase de remédiation.

Cela implique de budgétiser du temps d’équipe pour les corrections, éventuellement de faire appel à des compétences externes si nécessaire, et de planifier un retest pour valider l’efficacité des correctifs.

Certaines entreprises établissent même un plan de remédiation avec des jalons et des responsables identifiés avant le début du test. C’est une excellente pratique qui garantit que l’investissement dans le test se traduira effectivement par une amélioration de votre sécurité.

Ne pas vérifier les qualifications réelles de l’équipe

Nous l’avons évoqué, mais cela mérite d’être répété : ne prenez jamais pour argent comptant les affirmations du commercial. Vérifiez systématiquement les qualifications des consultants qui interviendront.

Demandez les preuves de certification. Les certifications sérieuses comme l’OSCP sont vérifiables publiquement sur le site de l’organisme certificateur. N’hésitez pas à effectuer cette vérification.

Regardez aussi les profils LinkedIn des consultants. Quelle est leur expérience réelle ? Ont-ils effectivement plusieurs années d’expérience en tests d’intrusion ou sortent-ils tout juste d’études avec une certification passée il y a trois mois ?

Certaines sociétés n’hésitent pas à sous-traiter les missions à des freelances ou à des juniors tout en facturant des tarifs de senior. C’est légal mais limite éthique. Vous avez le droit de savoir exactement qui travaillera sur votre projet.

Ignorer les clauses du contrat

Les aspects contractuels peuvent sembler rébarbatifs, mais ils sont essentiels. Trop d’entreprises signent sans lire réellement les conditions générales et se retrouvent coincées ensuite.

Faites particulièrement attention aux clauses de limitation de responsabilité. Certains prestataires incluent des clauses leur permettant de se dégager de toute responsabilité en cas de problème, ce qui vide de sens l’assurance professionnelle qu’ils sont censés avoir.

Vérifiez aussi les conditions de paiement. Certains prestataires demandent 100% du paiement avant le début de la mission. C’est problématique car vous n’avez alors aucun levier si la qualité du travail n’est pas au rendez-vous. Un paiement échelonné (par exemple 50% au lancement, 50% à réception du rapport) est plus équilibré.

Enfin, assurez-vous qu’il existe une clause de sortie raisonnable. Que se passe-t-il si vous devez annuler ou reporter la mission ? Quelles sont les pénalités ? Ces éléments doivent être clairs dès le départ.

Conclusion

Investir dans un test d’intrusion n’est pas une dépense, c’est un investissement stratégique dans la pérennité de votre entreprise. À l’heure où une cyberattaque réussie peut coûter des centaines de milliers voire des millions d’euros en pertes directes, en arrêt d’activité et en atteinte à la réputation, les quelques milliers d’euros d’un pentest professionnel représentent une protection dont le retour sur investissement est évident.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon les études récentes, le coût moyen d’une violation de données se chiffre à plusieurs millions d’euros pour une entreprise de taille moyenne, sans compter l’impact sur la confiance des clients et les conséquences réglementaires potentielles, notamment avec le RGPD en Europe.

Une pratique à intégrer dans votre routine sécurité

Un test d’intrusion ne devrait pas être un événement exceptionnel mais une pratique régulière, intégrée à votre stratégie de cybersécurité. Les recommandations varient selon votre secteur et votre exposition aux risques, mais en règle générale, un test annuel constitue un minimum raisonnable.

Pour les organisations traitant des données particulièrement sensibles, notamment dans les secteurs bancaire, santé ou défense, des tests plus fréquents sont recommandés. Certaines réglementations imposent d’ailleurs explicitement des tests réguliers.

Au-delà du rythme annuel, pensez à commander un test après tout changement majeur de votre infrastructure : migration vers le cloud, refonte d’une application critique, fusion-acquisition, ou ouverture de nouveaux services en ligne. Ces moments de transformation sont particulièrement propices à l’introduction de vulnérabilités.

Par où commencer ?

Si vous n’avez jamais réalisé de test d’intrusion, ne cherchez pas immédiatement la prestation la plus complète et la plus chère. Commencez par un audit de positionnement qui évaluera votre niveau de sécurité actuel et identifiera les zones prioritaires à tester.

Cet audit initial, généralement moins coûteux qu’un test d’intrusion complet, vous permettra de mieux comprendre vos besoins et d’établir une feuille de route sécurité pluriannuelle. Vous pourrez ensuite planifier des tests d’intrusion ciblés sur les périmètres les plus critiques.

N’oubliez pas que le test d’intrusion s’inscrit dans une démarche plus globale de sécurité. Il doit être complété par d’autres mesures : politique de sécurité claire, sensibilisation des collaborateurs, mise en place d’outils de détection, plan de réponse aux incidents et veille technologique continue.

Passez à l’action

La cybersécurité n’est pas un sujet qu’on peut reporter indéfiniment. Chaque jour de retard est une opportunité supplémentaire pour les attaquants. Si vous lisez cet article, c’est que vous avez déjà pris conscience de l’importance de ces enjeux.

La prochaine étape est de passer à l’action. Commencez par identifier deux ou trois prestataires potentiels, demandez-leur des devis détaillés en utilisant les questions que nous avons listées, et lancez votre premier test d’intrusion dans les prochains mois.

Votre infrastructure, vos données et la confiance de vos clients méritent cet investissement. Et vous dormirez certainement mieux en sachant que des professionnels ont tenté de pirater vos systèmes sans y parvenir, plutôt qu’en espérant simplement que les véritables attaquants ne vous remarqueront pas.

La cybersécurité est un voyage, pas une destination. Mais un test d’intrusion bien mené avec le bon prestataire est un excellent point de départ pour sécuriser durablement votre organisation.

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